Sandrine TUPAI TURQUEM

Sandrine TUPAI TURQUEM

Sandrine Tupai Turquem en uniforme dans un cockpit d'avion.

Née aux Marquises, Sandrine était loin d’envisager d’embrasser la profession de pilote, quand enfant, la mer qui entourait son île de Fatu Hiva faisait frontière avec le monde. Aujourd’hui, elle rapproche les continents pour Air Tahiti Nui à bord d’un Airbus A340. Élue de sa commune elle est également engagée dans le développement de la communication de Punaauia, 3e ville de Tahiti.
Son humilité vous entoure de douceur. Elle semble presque surprise de son parcours pourtant exemplaire et a regretté quelquefois le changement de regard des autres à la suite de sa mise en vue médiatique, car elle est restée la même. Mère de deux jeunes garçons, elle compense le temps qui toujours fait défaut par une qualité de présence. Elle se fait également volontiers la marraine d’autres jeunes femmes, afin qu’elles osent à leur tour se réaliser.

FAM – Qu’est-ce qui vous a amenée au pilotage ?

S.T.-T. – C’est mon mari, lui-même pilote, qui m’a guidée dans cette voie alors que je n’y avais pas pensé. En 1993, je suis entrée dans le personnel polyvalent au service d’Air Tahiti et c’est peu à peu que j’ai gravi les échelons. Une expérience a été décisive, ma rencontre avec un instructeur qui m’a permis pour la première fois d’effectuer un décollage dans un bi-place. Les sensations éprouvées, le bien-être que j’ai connu alors m’ont donné une certitude, de ne plus vouloir rien faire d’autre ! J’ai suivi la théorie par correspondance car je n’avais pas les moyens financiers de suivre l’école à ce moment-là, avant de passer mon brevet privé en aéroclub. En mars 2011, cela fera 7 ans que je suis pilote de ligne. Devenir commandant de bord sera encore une expérience…

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FAM – Dans vos origines, quelles influences ont fondé votre parcours ?

S.T.-T. – Mon enfance a forgé mon caractère. De famille modeste, de père inconnu, j’ai été élevée par ma grand-mère qui m’a transmis des valeurs, notamment le sens du travail : sans lui, pas de survie ! A 8 ans, il m’a fallu quitter mon île pour suivre une scolarité. Cette séparation pour la pension qui m’a confrontée à des plus grands a façonné ma vie, faisant de moi une indépendante, une battante. Je ne me doutais pas que j’irais aussi loin.

FAM – Si vous aviez tout pouvoir, que souhaiteriez-vous ?

S.T.-T. – Le rayonnement de la femme d’Outre-Mer à travers le monde, que davantage de femmes se réalisent, ce qui est encore rare. Je me souviens avec émotion d’avoir fait partie chez Airbus Industrie à Toulouse du Premier équipage entièrement féminin, sur un A320, avec Laure Coussignac. J’espère offrir un repère pour la femme polynésienne : ce n’est pas une fatalité d’être issue d’un milieu isolé. Et je suis très attachée à mon île natale. Jeune maman, de passage, je lui avais fait la promesse de revenir pilote de ligne, promesse tenue. Il n’y a pas d’aéroport dans ce lieu protégé… et je souhaite aussi que cela ne change pas.

Entretien et portrait : Laure Carsalade
Crédit photo
:
Tahitipresse

FAM

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